Soirée prog au Spirit of 66
Le célèbre label allemand Inside Out a mis sur pied une tournée avec trois de ses groupes phares, j'ai cité Beardfish, Ritual et The Tangent.
L'énorme bus utilisé pour l'occasion faisait étape ce samedi 24 juin dans la petite ville de Verviers. Et, à Verviers, quel club mieux que le Spirit of 66 pouvait les accueillir?
Beardfish
A 21 heures précises et devant une assistance plutôt clairsemée, les jeunes Suédois de Beardfish montent sur scène.
Je suis très curieux de les revoir après leur prestation à la Convention Prog-Résiste en octobre dernier.
En effet, ce soir-là, ils ne m'avaient pas fait forte impression.
A leur décharge, ils passaient le dimanche soir, en clôture de la Convention, à un moment où le public n'est peut-être plus aussi réceptif qu'il devrait l'être.
Ce samedi soir, par contre, dès le premier morceau, on a compris qu'on va avoir droit à un concert incroyable. Ces p'tits gars ont visiblement pris de la bouteille ces derniers mois et ils me paraissent beaucoup plus à l'aise sur scène. Cela vaut surtout pour le guitariste, très effacé à l'époque et bien plus présent maintenant. Robert, le bassiste fou, gigote toujours autant sur ses chaussettes.
Quant à Rikard Sjöblom, leader incontestable du groupe, il chante de mieux en mieux.
Le répertoire comprend quelques titres du nouvel album, Sleeping in traffic : Part two avec notamment The Downward Spiral/Chimay, un morceau dont le final est dédié à l'équipe de Prog-Résiste qui leur a fait découvrir ce fleuron brassicole de notre plat pays.
Après 50 minutes (timing serré oblige) et un dernier morceau avec Andy Tillison (The Tangent) et leur ingénieur du son en guests, nos jeunes lascars cèdent la place à Ritual, me faisant déjà dire que je n'aurai pas perdu ma soirée.
Ritual
Les roadies s'affairent sur scène (Francis "Ekwè" Géron me l'avait promis, 1/4 d'heure maximum entre les groupes) et il est un peu plus de 22 heures lorsque le deuxième groupe de la soirée, Ritual, monte sur scène.
Pendant l'intermède, on a pu s'interroger sur la présence de curieux instruments sur scène. L'un est en fait un bouzouki, l'autre une espèce de violon à touches (nyckelharpa).
Dès son entrée, le chanteur Patrik Lundström déclenche l'enthousiasme rien que par son look! Mais l'apparence est loin d'être la moindre de ses qualités, c'est un chanteur et un guitariste averti. Il fait preuve d'un charisme inoui et conquiert d'emblée tout le public avec son sourire ravageur.
Eux aussi sont venus défendre leur petit dernier au titre improbable de The Hemulic Voluntary Band. Excellent album aux sonorités parfois folk celtiques mais avec des passages très rock et des vocaux de toute beauté.
Le très long A dangerous journey qui clôture le dernier album des Suédois mêle toutes sortes d'influences et de styles et nous permet d'apprécier les talents de multi instrumentiste du batteur Johan Nordgren.
Ajoutez à cela une complicité de tous les instants sur scène et dans la salle et vous avez tous les ingrédients pour une soirée réussie.
The Tangent
La tête d'affiche, si on peut appeler cela comme ça, tant les trois groupes présentés ce soir sont bons revient à The Tangent, réduit à 4 unités pour cette tournée.
Le lineup réduit a gagné en intensité ce qu'il a perdu en richesse, pas de flûtes, de sax, harmonies vocales mais musicalement, quelle claque!
Aux côtés du chanteur claviériste Andy Tillison, on retrouve les habitués Jonas Reingold (Flower Kings) et Jaime Salazar. Le guitariste Guy Manning est remplacé ce soir par Krister Jonsson, un ancien guitariste du groupe.
Ce dernier est flamboyant et prend son pied sur scène, une joie toute communicative.
Sa complicité avec Jonas Reingold ("la basse qui rit" sic)fait plaisir à voir.
Les deux derniers morceaux (dont un dédié au peuple de Birmanie) nous vaudront d'ailleurs des solos d'anthologie.
A noter que Tillison s'est exprimé dans un français parfait tout au long de la soirée.
Quelques titres : Forsaken cathedrals, The music that died alone, Lost in London, A crisis in mid-life...
Peu avant une heure, la messe était dite et je pouvais reprendre ma (longue) route après avoir partagé mes impressions et un dernier verre avec les copains présents.