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Les Beatles et moi

Les Beatles et moi... une passion jamais éteinte.

Cette histoire commence en juillet 1977.

Je passe mes vacances à la mer du Nord chez mon oncle et ma tante et mon cousin me fait découvrir les deux compilations rouge et bleue.


 

Ce n'est pas à proprement parler mon "baptême Beatles" car un autre de mes oncles m'avait déjà refilé trois 45 tours de sa collection : Help! , Penny Lane et All you need is love. En gros, ma connaissance de l'oeuvre des Fabs se limitait aux 6 titres présents sur ces disques et sans doute l'un ou l'autre titre entendu en radio mais sans plus m'y attarder. Mais là, durant cet été 77 c'est le coup de foudre! Je vais passer le reste de mes vacances à la maison à écouter des mini-cassettes sur lesquelles mon cousin a eu la gentillesse de me copier ces 4 galettes magiques.

 

mon 1er livre sur les Beatles

La rentrée scolaire va coincider avec mes premiers cours d'anglais et, quelques mois plus tard, le Télé-Moustique, un hebdo bien connu des Belges consacre un feuilleton aux 4 garçons dans le vent. Il n'en faut pas plus pour me convertir tout à fait. Entretemps, j'ai bien sûr acheté les vinyles rouges et bleus et d'autres vont commencer tout doucement à constituer la base de ma collection : la compile Rock'n'Roll Music, le live at the Hollywood Bowl et ensuite, une petite valisette noire en plastique contenant la quasi intégralité des rééditions du catalogue français des Beatles sur Pathé Marconi. A l'époque, je ne me soucie pas encore de pressages, de pays d'origine mais je ne manque pas d'être étonné par la différence avec certaines des pochettes que je connaissais déjà.

Après, tout va s'enchaîner très vite, je change encore d'école et, à la rentrée 78 un copain de classe m'offre mon premier livre consacré au plus grand groupe de tous les temps.

 

Dès ce moment, j'ai envie d'élargir mon horizon et je commence progressivement à m'intéresser aux carrières solo de John, Paul , George et Ringo. Mon dieu, dans quel engrenage ai-je été mettre le doigt!

Je vais vivre en direct les sorties de London Town, Ringo the 4th, George Harrison, Back to the egg etc.

Arrive 1980 et je suis plus accro que jamais. Tombe alors la grande nouvelle : John Lennon, après 5 ans d'absence, est rentré en studio. L'histoire, vous la connaissez tous, notre joie sera de très courte durée. Le rêve se brise à tout jamais un matin de décembre lorsque ma mère m'envoie la nouvelle en plein tronche au réveil... Je n'ai pas pleuré, du moins je ne m'en souviens pas. Par contre je me rappelle très bien une sensation de vide immense et d'incompréhension totale. Sans le savoir, j'ai fait ce matin-là mes premiers pas dans l'âge adulte.

Mais, la vie continue et les années vont apporter leur lot de nouveaux albums, pour la plupart décevants, je trouve.

Jusqu'à Flowers in the dirt et mes deux premiers concerts de Macca : Bercy en octobre 89 et Wembley Arena en janvier 90.

 

Depuis quelques années, je gratte un peu la guitare et mon passage au Conservatoire vers 1993-94 sera l'occasion d'une rencontre qui va bouleverser ma vie. J'y fais la connaissance de Bertrand avec qui je vais très vite former un duo reprenant essentiellement du Simon and Garfunkel. La formule montre bien vite ses limites et nous décidons alors de monter un groupe à quatre pour reprendre du Beatles exclusivement. Et c'est ainsi que les Blackbirds sont nés. C'est l'époque où j'investis massivement : guitares Rickenbacker, ampli Vox AC30 etc. Les premiers concerts arrivent petit à petit et le public semble nous apprécier.

Mais, quatre musiciens (2 guitaristes/chanteurs, une basse et un batteur) ce n'est pas assez et certains morceaux du répertoire des Beatles ne nous sont pas accessibles dans cette formule. Nous engagons donc Rudy, un excellent claviériste (c'est d'ailleurs le meilleur musicien de nous cinq) qui en plus chante. A partir de ce moment, nous décrochons des contrats un peu plus régulièrement, le répertoire s'étoffe et j'ai la prétention de croire que nous devenons très bons. Mon rêve se réalise puisque nous jouons à Mons à l'occasion du pre-Beatles Day. Tout va donc pour le mieux. Tout? Non, car mon incompatibilité d'humeur avec Bertrand est la cause de frictions de plus en plus fréquentes et, deux ans après le début de la plus belle aventure musicale de ma vie, je claque la porte.

 

La période qui suit va être noire, très noire... J'ai tellement investi affectivement dans ce groupe que je vais développer un rejet total pour ce qui a été ma plus grande passion depuis des années. Je ne supporte plus d'entendre les Beatles, ça fait trop mal. Je revends mes guitares, mon matériel et même une partie de ma collection de disques et objets en tous genres. Une partie seulement car, heureusement, tout n'a pas trouvé acquéreur. Parfois par manque d'acheteurs, parfois pour cause de scrupules de leur part (qu'ils en soient chaleureusement remerciés).

Je me lance donc à corps perdu dans ma nouvelle marotte, le blues. Pendant plusieurs années, je vais devenir un véritable "blues addict", écumant les festivals et autres clubs enfumés.

George meurt en novembre 2001 et cela me laisse quasi indifférent. Mais, le miracle va se produire : en février-mars 2002 ma petite femme, Françoise, subjuguée par les extraits de Back to the world qui passent en radio arrive à me convaincre d'aller voir Macca à Anvers en avril. Je cède (je ne peux rien lui refuser) et je me reverrai toujours, debout dans cette grande salle, alors que résonnent les premières notes d'Hello goodbye, à me demander ce qui m'arrive. Ce qui m'arrive, c'est que je suis guéri. Je peux à nouveau écouter toutes ces merveilleuses chansons sans déprimer.

 

Je vais progressivement racheter les cd que j'avais vendus, retourner au Beatles Day où je n'avais plus mis les pieds depuis des années et casser ma tirelire pour aller voir Paul à dix mètres de moi au Stade de France!

 

Et puis, tomber un jour sur un forum où je peux librement donner cours à ma passion et discuter avec d'autres fêlés de la bande originale de ma vie.

 

Et vivre avec eux la sortie de Chaos and creation in the backyard, l'album de la résurrection de Paul et un peu la mienne...